23/10/2009

Petite escapade au Salon du chocolat

Bonjour,

Aujourd'hui dans le Matin (je sens que je vais faire des envieux), mon petit voyage au Salon du chocolat de Paris le week-end dernier. L'occasion pour moi de découvrir les chocolats de demain et d'avoir quelques coups de coeur pour des créations délicieuses et originales. Une petite sélection qui vous attend dans le journal du jour ou sur www.lematin.ch/guide/cuisine

Un Salon du chocolat où j'ai eu la chance d'assister aux World Chocolate Masters, le championnat international des chocolatiers. Une compétition unique en son genre puisque les participants à ce concours sont seuls, pas en équipe. Des participants parmi les meilleurs du monde puisque chaque finaliste devait avoir remporté une sélection nationale pour avoir le droit de représenter son pays. Enfin, "son pays", pas tout à fait, puisque certains finalistes représentaient le pays dans lequel ils travaillent et pas celui dont ils sont originaires. Ainsi Fabian Sänger, qui représentait la Suisse, est en fait de nationalité allemande. Concepteur de nouveaux produits chez Kambly (les biscuits), le jeune homme n'a pas démérité, avec une très belle 6e place (sur 19 concurrents). Il a même remporté le prix international du meilleur dessert.

Les finalistes devaient présenter plusieurs créations, notamment une pièce principale, des pralinés, un chapeau, un entremet au chocolat et un dessert, le tout entièrement en chocolat, avec comme thème principal la Haute Couture. Un concours qui a duré trois jours durant lesquels les finalistes, seuls dans leur box, ont façonné, créé, travaillé, décoré et peaufiné leurs oeuvres. Car, oui, il s'agit bien d'oeuvres d'art. Des créations dont je n'aurais jamais imaginé la précision, la difficulté, le goût incroyable du détail. Au point que les robes créées pour les pièces principales semblent être faites du plus fin des tissus. Au point que des détails minuscules, quasi invisibles à l'oeil, ont été placés par les finalistes sur leurs pièces. Au point que pour placer un papillon délicat sur un chapeau, un concurrent en a fait des dizaines, pour pouvoir choisir le plus fin, le plus réussi. De véritables artistes incroyables de calme, de concentration, de maîtrise, alors que journalistes, visiteurs et surtout jurés déambulaient devant leur box en permanence. Petite anecdote, une demi-heure avant le délai final pour la pièce principale, un morceau de la pièce du candidat français s'est brisé, sans doute à cause de la chaleur de la halle. Sans perdre ni calme ni patience, il a alors repris son travail pour "réparer" sa robe. Incroyable...

Petit aperçu de quelques pièces réalisées:


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Pièce principale du finaliste de la Suisse, Fabian Sänger


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Détail de la pièce principale de Fabian Sänger



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Le dessert de Fabian Sänger, avec lequel il a remporté le premier prix de la catégorie


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Le chapeau de Fabian Sänger


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Le chapeau du Japonais Shigeo Hirai


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La pièce principale du Japonais Shigeo Hirai


D'autres images sur www.worldchocolatemasters.com

 

Interview de Fabian Sänger, finaliste suisse, 6e place

- Comment se prépare-t-on à ce genre de manifestation? Et combien d'heures cela prend-il?

- La confiserie est un métier de passionnés, dans lequel on ne s'arrête vraiment jamais de réfléchir, de puiser des idées, de créer. On ne finit pas sa journée à 18h30 et on boucle jusqu'au lendemain. Difficile donc de comptabiliser les heures de travail. Il faut commencer par avoir des idées de ce qu'on veut faire puis faire des essais, tester ce qui est réalisable, enfin s'entraîner aux gestes techniques. Surtout lorsque l'on fait ça à côté de son travail. Mais je pourrais peut-être dire 400 heures.

- Vous créez, dans votre travail, les nouveaux biscuits de la maison Kambly. En quoi le travail du chocolat est-il particulier?

- Le chocolat n'est pas seulement bon au goût, il est aussi beau. On peut en faire des créations autant bonnes que belles à l'oeil. Ca permet énormément de créativité.

- Comment travaillez-vous concrétement, avec des croquis?

- Non, j'aime la matière. Tout de suite tester en vrai ce qui fonctionne ou non.

- Pourquoi décide-t-on de participer à ce genre de compétition?

- C'est évidemment un challenge incroyable pour un confiseur. Mais en plus pour décider de ce qu'on va créer, on doit faire des essais, avoir de nouvelles idées, tester de nouveaux gestes, et ça nous apporte une expérience de plus dans notre travail.

- Craignez-vous particulièrement certains de vos concurrents?

- Nous avons tous des genres très différents mais je suis très admiratif de ce que font le Japonais et le Français. (Note: Un bon pronostic puisque le Japonais Shigeo Hirai a remporté le concours.)

- Pour finir un pronostic pour vous?

- Je vise une place parmi les six premiers. (Contrat rempli avec la 6e place).

 

Au final une super expérience et une bonne idée de sortie si vous aimez Paris en automne. Alors l'année prochaine, pensez-y! Et, petit coup de coeur particulier, si vous êtes amateurs de chocolat et que vous allez un jour en Alsace, courez chez le chocolatier Jacques Bockel à Saverne. Une mine de trésors savoureux et originaux, avec, mais c'est un avis purement subjectif, une mention particulière aux tablettes amandes et fleurs de sel, un délice!

Bonne journée

 

Melina